Samad Vourghun

 

Azerbaïdjan

 

J'ai gravi les sommets, j'ai vu au fond des

vaux

La source limpide et son œil de grand

oiseau,

J'ai surpris au lointain le bruit des joncs

rêveurs,

La course nocturne de l'Araxe enchanteur.

C'est là que j'ai appris l'amitié et

l'honneur.

Et l'âme de mon cœur, qui pourrait la

ravir ?

Tu m'es le pain et l'eau, tu m'es air et

soupir.                                  

Je vois devant moi s'ouvrir tes villes en

grand,                                                 

Je suis tien sans partage, à jamais ton

enfant,                                           

Mon beau pays, Azerbaïdjan, Azerbaïdjan!

Tes cimes sont blondes de la blondeur du

lait,

Les nuages te font un gracieux mantelet.

Sans nombre les siècles sont passés

cependant,

Le malheur a mis à tes tempes son argent,

Mais, terre d'épreuves, tu vivras dans les

temps!

Des barbares ont cru déshonorer ton nom.

D'autres fous t'ont promis à la désolation.

L'espérance parfois fut pour laisser ton

cœur.

Et l'âge de gloire s'est levé à son heure,

Tes filles et tes fils ont scellé ta

grandeur !

Sois mon hôte à Bakou, voyageur inconnu,

Que les mille soleils de sa nuit te saluent.

Et quand le vent du nord fait chanter les

derricks,

Ecoute bien l'écho venu des sables gris,

Ce sont les montagnes conversant dans la

nuit...

Et le fils, qui pourrait l'enlever à sa

mère ?

Tu m'es le pain et l'eau, tu m'es soupir

et air.                                                   

Je vois devant moi s'ouvrir tes villes en

grand,                                                     

Je suis tien sans partage, à jamais ton

enfant.                                                       

Mon beau pays, Azerbaïdjan, Azerbaïdjan!

 

1935