Samad Vourghun

 

Montagnes

 

Vos pics haut campés, un à un,

Je les ai gravis, ô montagnes !

Vous fûtes le ressort d'airain

De mon mot chantant, o montagnes !

 

Le cerf prudent sur sa brisée

Vient boire à la source irisée ;

Et moi, rêvant de l'imiter,

Comment le ferais-je. O montagnes?

 

A chaque agneau sa bergerie,

A chaque aigle son ciel uni ;

Mais au printemps, dans vos prairies,

Vaguer tout mon saoul,  O montagnes !

 

Je ne suis qu'un hôte, ici-bas ;

Un jour, le vent m'emportera ;

Pensez à Vourgoun ce jour-là

Ô bonnes, constantes montagnes !