RASSOUL RZA
LES COULEURS
Traduit de l’azerbaidjanais par Hamlet Godja
L'OUVERTURE
Le blanc, le noir, le jaune, le vert, le rouge
Chacun lié à une épreuve.
L'une nous rappelle notre attente
les autres la souffrance ou l'espérence.
On cherche chez eux les sens
Et les significations.
Qui avait fait les premières épreuves
Que le noir-c'est le deuil
Que le rouge-c'est la fête
Que le jaune-c'est la haine
Qui et en quel humeur
Avait fixé ces sens
Aux couleurs.
Le rouge peut aussi être le sang,
Une pierre précieuse,
Et aussi les larmes
Le noir peut signifier le deuil,
L'Amour
Et la haine aussi,
Le blanc peut nous aveugler.
Il peut aussi couvrir nos tables
Des fleurs aimables.
Une feuille peut paraître vert OU rouge
A l'oeil différent.
Mais elle garde son couleur,
Les couleurs pénètrent dans l'âme
Comme des souffles chauds ou frais.
Les mots, les sons, les chants
Pénètrent en nous
Comme des couleurs différents.
Les couleurs animent les mémoires
Et les sentimens.
Si ou ne veut pas voir de plus
Chaque couleur n'a que son couleur.
Les couleurs sont notés Comme la musique.
Le mal, la joie et l'espérence
Ont leurs couleurs à eux.
On cherche toujours Les bons couleurs-Couleurs de la vie et de la lutte,
De l'âme et de la haine, De la nuit et du matin Et aussi du sort humain.
Ils se présentent
Quand nous y pensons
LA LUMIERE BLANCHE
Le sourire d'un enfant endormi.
L'espérence.
La bonté sincère.
Et aussi, quand on dit:
"Vous n'avez pas de cancer!"
Tout ce que conserne
Le bonheur de l'homme.
Même
Le mensonge du bienfaiteur.
Et aussi
Quelqu'un de près
LE SENS DE JOIE ET LUMIERE BLANCHE
La ceinture de grand'mère.
La terre de patrie.
Une branche en fleur.
Les ailles d'un pigeon.
La neige du Nord.
Le joue tâché de lait d'un enfant.
Et sa joie quand il apprend
Tenir une cuillère.
Le jour quand les soupsons disparaissent.
La main d'un ami.
L'énigme dévoilée.
Et beaucoup de fait
dignes de l'homme.
LE SENS DE L'AMOUR
ET LA LUMIERE BLANCHE
Le sehs de la vie.
La glace de L' âme.
Il y a les chères et celles
Qui n'ont pas de marché.
Les chansons pour l'âme.
La clé pour la porte d'un seul âme.
La personne qui comprend
Et qui sent.
COULEUR D'ARGENT
L'inutilité des armes.
La moustache démodé de l'homme.
Le visage oublié du maître
Chez qui nous avons appris l'alphabet
Les vagues dressées.
Les mémoires sur les grands parents.
Cheikh Chamil
Et son sabre court,
Pendu de sa ceinture.
Le jeu de cache-cache
Des feuilles d'un platant
Devant le vent.
La glace de la fiancée.
le prix de la fatigue
Et de l'insomnie.
Le branche nu et froid
D'un arbre du nord.
La fumée lointaine
Qui encourage un voyageur fatigué.
Le frère cadet de l'or.
Le souci de l'homme.
COULEUR D'IVOIRE
Le malheur de L'Afrique.
Le peigne à barbe du grand'père.
Le revenu qui n'est pas venu.
Le destin des noirs.
L'exemple des proverbes
La réalisation des rêves des hommes.
Le revenu de la mort.
Les grilles d'une prisons.
La ficelle de pendaison.
La fouet à l'épingle.
La cause de la mort d'un éléphane.
Le monde des rêves.
Les efforts de sept ans
Des sept étages des cercles ornés.
Sékiné, Salman, Ahmed
Des pays en torture.
COULEUR GRIS
Ceux qui se mêlent dans la foule.
Ceux qui poussent sur chaque terre.
Le cendre longue d'une cigarette
Eteinte entre les doigts sans vie.
Les fleurs enveloppées
Dans un sac plastique.
Les jours vides.
Les âme vides.
L'Homme qui se change.
Le sourire faut et habituel.
Le gris des cheuveux
Laissés par la solitude froide.
La robe inchangeable
D'une fillette orpheline
Manque de couleur du temps.
COULEUR DE PISTACHE
La mer au début du printemps.
Le printemps réveillé avan le temps.
Les lèvres passionnées. Couplets sur l'amour.
Les belles dames.
Les regards de l'homme. Les premières feuilles.
Sur le branche du saule. Le chagrin des yeux gris.
Les mémoires de la jeunesse.
BLEU TURQUOISE
Les mais de l'amour
Fixé dans le mémoire.
La beauté de la mer.
La lumière d'un abat -jour vert
Sur le mur bleu.
L'attente du doigt d'une fille pauvre.
Bakou de Djafar Djabarly.
Les deux des yeux
Existants dans le monde.
COULEUR VERT
Les champs et les monts au printemps.
Les vagues couvertes de lumière.
Le blé germé.
Le premier germe d'un arbre
Planté sur la terre.
"Les paysages"de Sézan
La lumière sur la route de bonne chance.
Un goût de l'eau.
Le souci de l'homme.
COULEUR BLEU
Une mer sans vagues.
L'amour sans peine.
Le profondeur du ciel.
"Les danseuses"de Dega.
Le soleil dessiné par un enfant.
Le repos des yeux.
Les pensées de l'homme.
Les rues d'eau
Entre les îles de glaces.
COULEUR BLEUE ET LA CONSOLATION
La maladie affreuse -
s'habituer à la résignation.
Croire à la rentré prochaine
Du chameau de transport resté à Tebriz.
Le poison doux du trompé.
L'ombre des petits broussailles
Sur la grande steppe brûlante.
Le bleu des cieux
Coulant du toit perse
Pendant la pluie.
La consolation inhumaine
Sur la peine voisine:
"Ah, ça va!
Ce n'est pas encore moi"
LE JAUNE
Le champ de blé mur.
Le visage de la mère d'un invalide.
Les affamés volés par les forts.
Le métal dur
Qui gâche l'amour.
Une rêve irréel
Les appels des cordes.
Les yeux qui attendent.
Les narcisses ardents.
"Les cheuveux roux" de Debussy.
Les veaux qui
Entrent sagement à l'abattoir.
Le fou sage.
L'Homme qui ménage.
JAUNE DE FOIN
Le rêve pour les murs nus
de la maison natale.
Le vérité qui sent le regret.
Nazim Hikmet-
son amour qui fait mal,
son âme blessé qui lutte.
Un tas de blé pour une famille,
Une poigne de foin une autre.
Le soleil en hiver.
Demie lune qui parait et disparait vite.
Le souvenir des moments durs;
la blessure qui brûle toujours
et ne se montre pas au jour.
Une corde
dont les doigts refroidis
n'auront pas besoin.
Les feuilles qui manquent de soleil.
Les lumières qui manquent de musique.
Et aussi le jaune de foin!
Le dernier amour,
la souffrance
d'un homme qui en veut toujours.
COULEUR DE L'OR
Le someil court d'un prisonier à vie.
Le visage des nuages au clair de lune.
La bienveillance de la terre.
"Le tournesol" de Van Gog.
Le singe de l'amour
Autour d'un doigt.
Le patron des esclaves.
Le valeur du mot.
Le fumier
sur une steppe sans vie.
Le mont de blé.
Les boucles des cheuveux.
Les larmes d'un héros.
Le prix de la tête
D'un évadé.
L'âge du vin.
Le temps.
Un trône somnelant dans un musée.
Le frère aîné de l'argent.
La jumelée de la crime.
COULEUR ROUX
Un coup de couteau au dos.
Une bracelet-menotte
qui coûte chère.
Le vert caché dans le bleu foncé.
Le cadet des demi-frères.
Les cheuveux de couleur de soleil.
Les arbres du Sud.
Un bout de foin,
Qui attrappe un noyé
comme une dernière chance.
Les hommes rares.
COULEUR D'ORANGE
Les contes de mille et une nuits.
Un touloupe de Khorassan!
La chaleur qui fatigue.
Les appels d'une vache
à son veau tué.
Les caprices
d'un chat aimé.
Les souvenirs
d'une femme aimée.
Le pays qu'on désir
et qu'on ne peut pas visiter.
COULEUR DE DATE
Le caravane sur le steppe.
Le coran à couvert orné
de grand' père.
Les colonies.
Le feu inextinguible des luttes.
Le chaleur qui brûle la terre.
Le maleur sans consolation.
L'Arbre qui pousse toujours
et couvre ses grandes grappes
par ses feuilles verts.
Les visages qui portent
les soucis des arbres.
Les yeux et les yeux...
BRUN FONCE
La haine du soleil
sur les sables de la steppe.
Les mémoires sur Balzac.
Un coeur brûlé.
Les fours éteints.
Les traces de Goguène
sur l'île de Taiti.
Les lacs de larmes.
Les milions de pierres tombales.
Le jurement d'un traître.
La section de l'enfer
sur la terre.
L'Homme qui rit
et qui pleure.
COULEUR DE VIOLETTE
L'odeur du printemps en hiver.
La peur du gèle.
La peur de la séparation.
Les reflets du soleil
sur la neige.
La colère des yeux gris.
Une corde coupée.
Un orphelin qui a faim.
La lignée des sygnes en vole.
Et aussi, le fil mêlé
De la grand'mère fïleuse.
COULEUR D'OBERGINE
Le nez d'un ivrogne.
Une tâche sur le cahier
qui fait pleurer l'enfant
en premier jour de l'école.
Et les traces de l'ancre sur sa main.
Les tulipes ensoleillées.
Les jardins en brumes.
Les montagnes pendues du ciel
par une ficelle en zigzag.
BLEU FONCE
L'ornement d'une table richement servie.
Le bleure endursi sous une forte pression.
Le fureur de la mer.
Un des couleurs de tapis.
Le souvenir triste d'un baiser passionné.
Les bords des yeux
La-signe de torture.
Un sommet enneigé
au clair de lune.
COULEUR DE ROSE
Les mensonges contre le rossignol.
Le bonheur qui ne coûte pas cher.
Un village sans souci
et l'imbécile qui l'a décrit.
La mollesse reçue du jus de millet.
Un nouvel ami temporaire.
La couverture d'un pair de lit.
Les plumes volantes
d'un flamingo blessé.
Omar Kayyam
et son pot de vin-
aux yeux des malsains.
Le vin versé
entre la nuit et la journée.
Les lunettes d'un malhônnet.
Un livre à beaucoup de page
et si peu sage.
Une pluie de rose-
des feuilles parfumées.
Les joues rougies
de labour ou de lamour.
La timidité.
Le couleur qui sauve la situation.
LE ROUGE
Une image inoubliable-
le fer devient l'acier.
Le cadeau de Prometée
pour le foyer de l'homme.
Le lac de coquelicots
sur le mont.
Ovod et sa tragédie.
Un enfant agressif.
Le couteau de tueur.
Une révolte armée sous la pluie.
Le fureur du peuple dans le combat définitif.
Le sens court de la vérité.
Le défilé des drapeaux de victoire.
Le mosqué à haut minaret
du village à maisonettes basses.
Et aussi l'ornement humain.
LE SENS D'ESPERANSE DU ROUGE
La route proche des étoiles lointaines.
Et aussi l'homme qui s'acroit
et qui est sûr de soi.
LE SENS D'ASSURANCE DU ROUGE
L'endurance.
Le raisin plein de soleil.
La voie de l'éspérence.
La grande place-pleine de chants.
L'impuissance des balles et des promesses.
Le premier enfant
Du père inquiet.
Le nom de L'homme.
Le goût de la mort.
L'amour pour l'inconnu.
La vérité nue.
LE ROUGE FONCE
Deux personnes ont fait le tour
des monts et des cols
en pleine nuit
sans avoir trouver la voie.
Mais ils l'ont trouvée
Sous la lumière de l'aube qui s'accroît.
LE ROUGE TRES FONCE
Le châle de mariage
de ma grand'mère.
L'odeur de la viande grillée.
Le fer à cheval de Guyrat-cheval de Koroglou-
vu après un combat.
La couverture sur le cerceuil de la nuit.
Le tronc du charcutier.
Les lèvres et les ongles.
La neige sur les traces du gibier blessé
LE ROUGE ET LE NOIR
Quand il venait l'espérance s'en allait.
Elle s'arrêta en le voyant.
Et le sang du malade à souffle coupé
a commencé à circuler.
L'espérance est rentrée
et s'est montrée dans les yeux,
sur les visages des gens.
L'hombre noire s'est retiré
aux pas lent.
Et l'homme a respiré profondement.
LE NOIR
Les idées de l'ennemi.
La peur cachée.
Le mal d'une séparation à vie.
Ceux qui se traînent pour vivre
(sauf les hindicapés).
Le pur mensonge.
La souffrance profonde.
L'aube du jour d'exécution.
Les mots injustes.
Le feu des yeux.
Les cils et les cheuveux.
La viande d'une gazelle tuée de fatigue.
Et aussi
quelques idées de l'homme.
LES QUATRES SENS DE NOIR
Les yeux qui attendent.
Les cheuveux sans soin.
Les lèvres tremblants d'émotion.
Les boiteux à la tête d'une course d'allure.
Les oreilles qui n'écoutent pas.
Les branches en germe cassées.
Les monts sans chants.
Les sources sans eaux.
Les forêts sans gibier.
Les foyers sans feu.
Les morts qui déviaient vivre.
Les vivants qui déviaient mourir.
Les tribus et les peuples
aux bras en menotte
et aux langues en prison.
MULTICOLOR
La vie humaine.
Les caprices du destin.
Les chambres d'un homme riche.
Les manuscrits qui se reposent
derrière les grilles d'une archive.
Les bouts de nuage collés au ciel.
Un cochon aux tâches noires.
Notre voie fixée
qui ne reste que dans les mémoires.
Les pages jour-nuit de l'éternité.
L'oeil humain entaché.
Le peau dévoré par les mites.
Les fils de laine
d'une chaussette tricotée.
Les types de joie et de chagrin,
de confiance et de déspoir.
Un zèbre,
N'importe qu'il soit grand ou petit.
La joie des heureux,
Le deuil des malheureux.
Le monde des hommes.
PRENEZ GARDE A LA PEINTURE!
Les sourires sur les lèvres.
Les caméléons.
Les singes expérimentés.
Le kéfir noir.
La suie blanche.
Le sable à manger.
Le succédané de l'amour.
Les applaudissements pour ....
Les moments
quand l'âme devient vide.
Le puce qui parait comme l'éléphane.
Les mémoires sur Samed Mansour.
Les mensonges qui ressemblent à la vérité.
Les gens en pantalon et en chemise,
en robe et en gant.
Tous les types de la peinture.
Les hommes qui se hâtent
de la noce au deuil,
du deuil à la noce.
CONVERSATION...
NOUS QUATRE
Nous avons niché dans mon coeur:
L'Espoir. La Doute. Le Chagrin et moi.
Il est tard dans la nuit.
Il pleut,
Le vent souffle....
L'Espoir dit:
-La pluie cessera,
Le vent cessera,
L'obscurité se fondra,
Le matin viendra,
Le soleil se lèvera
avec ses rayons dorés à franges...
La Doute dit:
-Quand?
Quand?
La pluie peut se transformer en neige,
Le vent peut se transformeren en tempête,
La nuit peut se prolonger...
Le Chagrin dit:
-Si la pluie cesse,
Si le matin vient,
Si le vent cesse
II n'y a ni la consolation,
ni la fin du son orphelin qui est
dans mon intérieur...
L'Espoir dit....
La Doute mange....
Le Chagrin mange...
J'écoute L'Espoir, la Doute, le Chagrin...
J'attends le matin...
Que se lève le Soleil
avec ses rayons à franges,
Je ne demande pas quand...
Parle, mon Espoir,
Parle!
Parle, mon ancien connu!!!
LE PORTRAIT D'UN HOMME
Donnez - moi un salon d'exposition!
Qu'il ne soit pas large comme
ce monde, tout le temps,
Qu'il ne soit pas si haut que les ombres longues
soient restées à son pan....
Donnez-moi un salon d'exposition,
Là-bas, au mur je pendrai
Le portrait d'un homme,-
d'un homme ordinaire;
Qu'il ne soit pas si petit que personne
ne le dédaigne,
Qu'il ne soit pas si grand qu'en le regardant
on ait peur...
Là-bas, au mur je pendrai
Le portrait d'un homme
que l'on peut voir par tous les points
du monde,
par le passé du temps,
par l'époque d'aujourd'hui,
par les avenirs du siècle...
J'y pendrai le portrait d'un homme,
auprès du côté - Nassimi',
Après être écorché
par son talon...
A l'autre côté
une fille azérie brûlante
comme une torche,
comme un brandon...
Après avoir dressé son monument de bronze,
A son côté les fleurs posées
par Giordano Bruno,
A l'autre côté Mahommed Hassan le kichi, -
sa vie, ses jours semés
sur les routes...
En haut, le ciel - cosmopolite,
En bas, les pays fermés
par la frontière,
A un autre côté OSVENSEME -
des mielleurs d'homme-pillés
par les genoux,
A un autre côté KALYMA -
sur les routes les hommes étendus...
A un autre côté HIROSHIMA -
décédée...
Je pendrai le portrait d'un homme
sur ses lèvres fermées,
brûlées du mot...
Autour de lui - des solennités,
des fêtes,
A son regard - les jours d'essai
les années de fermeté....
L'auteur du portrait - c'est le temps,
Son prénom - la voie de vie de l'Humanité.
GRIS
Ceux qui se mêlent à la foule
ceux qui s'égarent
parmi elle
Ceux qui poussent partout,
sur chaque terre...
C'est le cendre d'une cigarette
éteinte entre des doigts maigres,
Les fleurs mortes
pliées en platine
Les jours nuls,
Les coeurs vides
Un homme quelconque
Un rire habitué,
à contrecoeur
L'argent resté sur les cheveux
d'une solitude froide
Le linge jamais changé
d'une fillette orpheline
L'absence de toute couleur
du t e p m s.
LA CONVERSATION DES DERRICKS
La vieux derrick dit au jeune
derrick, qui
s'éveillait à son côté: -Tiens -toi
tout droit, Reste ferme!
Sois prêt!
L'orage s'approache,
il va nous hacher,
ruminer l'acier nous deux...
Le jeune répondit:
-Pourquoi es-ru inquiet?
Je n'ai peur de rien:
ni de l'orage,
ni de l'ouragan...
tes soutiens se sont rouilles,
je crois...
Peut-être, les vagues énormes
ébranlent tes appuis...
Tu as peur des vents sans brides
qui aboient...
Et puis?...
Le vieux derrick répondit:
-J'ai vécu mon temps,
si je tombe de l'ouragan,
si je meurs de l'orage,
ce n'est rien!
L'orgueil n'est pas un exploit!
Pour ce danger
tiens -toi tout droit;
Si je m'en vais,
mon passé restera;
Mais, si tu t'en vas
Ton avenir sera emporté...
UN PERCE - NEIGE
L'herbe - une poignée pour les agneaux:
Partout pausse
le perce-neige,
comme des perles répandues
sur le velours,
Comme elles sont tombées
des nuages blancs
goutte à goutte.
Partout sont les perces - neige!
Les perces-neige!
Peut-être demain
un froid à pierre fendre
les brûlera?
Qu'il les brûle!
Ils ont déjà prévu l'arrivée
du printemps,
qui est proche de nous...
Si un froid les fait disparaître
comme un tyran qui détruit
un messager bien intentionné,
Ce décès, sans doute
ne desappointera personne,
Le perce-neige
ni ne grondera,
ni ne se vexera,
ni ne s'offensera;
Il suffit pour lui
qu'il ait prévenu,
quil ait semé,
qu'il se soit répandu sur les champs
et sur les prés à l'arrivée du printemps!
Le perce- neige ni ne grondera, ni ne s'offonsera...
NUANCE DU MAL DU NOIR
Des yeux tristes,
Des cheveux affligés,
Des lèvres tremblantes,
Sur la route de la vitesse
des boîteux...
Des oreilles qui ne
peuvent pas écouter,
Des branches cultivées, rompues
Des montagnes sans chansons
Des ressources aveugles
Des champs sans chasse
Des foyers sans feu
Des morts qui devraient vivre
Des vivants qui devraient mourir...
Les langues de ceux qui ont été classés à
T'assemblée, mis aux fers...
Des peuples, des tribus...
BIGARRE
Une vie d"homme
Les caprices du sort,
Les chambres d"un honorable partisan
de la tradition,
Des voeux, des espoirs
Des manuscrits qui
reposentdans les cages
des archives,
Une pièce de nuage des cieux...
Un cochon blan et noir... Notre route,
montrée, restée dans des mémoires...
Des pages de P'éternité-les jours et les nuits,
Un visage bigarré de I"homme
La peau mitée
La tige longue des
bottes,des écheveaux,
Toutes les sortes de joie,
du chargin, de la foi,du désespoir...
Le petit d"un zèbre;
Que ça soit petit ou grand
La monde de I'homme
La joie des heureux
Le deuil des malheureux.
UN ELEPHANT BLANC
Pour la première fois
je l(ai vu à Rangoon,
dans le zoo,
dans une cage en fer bigarrée,
bariolée...
Dans une cage un seul éléphant
aux yeux noirs,
aux ongles noirs...
Lui-même est tout blanc
Comme il regarde le visiteur,
on dirait qu(il va parler...
Parmi les éléphants
le blanc est rare,
Le détenu est rare
parmi les éléphants...
On l(isolé des forêts
l(année passée
il ne peut pas supporter le mal
à la poitrine,
En levant sa trompe
il crie souvent,
Les larmes coulent de ses yeux
goutte à goutte...
Il appelle à son aide ses frères
sans cages...
On dit que les éléphants vivent longtemps...
L(éléphant blanc,
l(éléphant blanc!
A quoi bon vivre une longue vie,
Si ta place est toujours
dans une cage;
L(éléphant blanc!
l(éléphant blanc!
'Nassimi — grand po te d Azerbaïdjan, que I on I a corch par son talon (en 1417)
Haleppo.
CE QITON AVAIT ECRIT A PROPOS DES
"COULEURS"
Rassoul Rza a cr quelque chose de nouveau. Cette une nouvelle orientation
dans la po sie. Avec ses Couleurs Rassoul Rza a d passs sa personne.
Nazim Hikmet
Mon cher Rassoul Rza!
Je serai tr s content, si Vous m envoyerez Votre cycle de vers Les couleurs .
Dmitriy Chostakovich
Le 9 Juillet 1973
Mon cher Rassoul Ibrahimovitch!
Merci pour Votre cadeau, qui ma r jouit! J aime beaucoup Votre cr ation et je
lit L cho long avec admiration.
Je Vous pr sente mes meilleurs voeux
Dmitriy Chostakovich
17.VIII.1973
La po sie de Rassoul Rza est vraiment novatrice, multicolor, c est une po sie
polyphonique, par le language de musique. Cette po sie est proche et ch re pour
moi par ses I ments et ses nuances. Quand je relit les po mes de Rassoul, je les
trouve nouveaux chaque fois. Parce que le po te n est pas la recherche du
nouveau formel, il mesure chaque mot et chaque expression, il les polit par sa
voix et par son soufle.
Gara Garayev
Rassoul Rza qui aime C sanne, Van Gog et D ga, a crit un cycle de po mes consacr
aux coulers et leurs sens. La gamme de couleur qu il nous pr sente n est pas de
caract re I mentaire re ue de tradition folklorique: le blanc-la puret, le
noir-le malheur, le rouge-le fureur et.c. Ce cycle de Rassoul est riche d
association. Chaque po me consacr un couleur parait absolument ind pendant et
ils ne se ressemblent pas.
La seule chose qui les unie, c est un mouvement de la peinture vers la
philosophie. Cette splendeur d passe la belle d scription des couleurs par Artur
Rembo, qui distinguait les couleurs des lettres.
llya Selvinsky
Un lecteur attentif remarque facilement le nouveau style d expression de ces po
mes ainsi que de leurs sens. Les couleurs sont compos s avec le but d un appel
au lecteur pour le faire penser la vie et I homme. Les comparaisons
inhabituelles, les regards sur les crations naturelles, les v nements sociaux,
la vie artistique obligent le lecteur r fl chir , il s enrichit et se rejouit de
la cr ation du po te.
Mamed Arif
Honorable Rassoul Rza - mon cher ami! Je ne Vous ai jamais oubli et je ne V ous
oublierai pas. C est un plaisir de lire vos po mes dans les revues et les
journaux (j entend Votre voix humain dans tous Vos po mes!). Et voil V otre
nouveau livre! Il est sur ma table. Je le lit avec un grand int ret et je relit
quelques po mes avec un grand plaisir ( Les couleurs ), Votre personne po tique
et humaine se redresse devant moi. Merci, mon cher ami, pour le plaisir esth
tique, pour la joie, pour le vrai bonheur que Vous m avez pr sent par V os po
mes. V otre livre m encourage pour la cr ation, car, quand on sent la bonne cr
ation des amis, on a I envie de cr er de plus et de mieu.
Eduardas Mejelaytes
L ann e pass e notre maison d dition avait publi les po mes de Rassoul Rza. C
est bien tonnant que nous tions oblig de publier ce livre une deuxi me fois, et
maintenant une troisi me fois. Peut tre cela ne V ous tonne pas. Mais au Canada
la po sie n est pas populaire et on ne r dit pas des oeuvres potiques. Comme les
po mes de Rassoul Rza se distinguent par leurs humanisme, les miliers de
lecteurs au Canada et aux Etats Unis ont acnet et ont lu son livre en quelque
mois.
Dizon Carter
crivain canadien
Je traduisais les po mes de Rassoul Rza, mais je n avais pas encore fait la
connaissance de sa personne. Je choisissais moi - m me
les po mes pour la traduction et un cycle de ses po mes nomm Les couleurs M vait
charm . Ce bouquet de po mes se compose du m langes des couleurs d crit par un
po te sensible. Je les avais senti avant de voir le pays du pote. En 1975 j ai t
invit Bakou pour participer la Semaine de la Litt rature . Ici j ai entendu de
nouveau ces lignes en vers Des Couleurs, il m ont aid de voir mieu et de
comprendre tout. Avant j avai I id e d avoir rencontr une po sie de vision ,
mais ici sur place j ai trouv ces po mes r els.
Jouja Rab
po tesse hongroise
Les lecteurs tch ques connaissent Rassoul Rza avant tout comme I auteur Des
Couleurs, qui avait t publi chez nous I ann e pass e. Publi quelques ann es
avant en Union Sovi tique, ce cycle avait anim une discussion assez dure, o les
dif f rents critiques nommaient ces po mes formels , impressionistes ou
abstraits .
Mais d autres critiques et les crivains, comme Nazim Hikmet et Eduardas
Mejelaytis ont d fendu ce cycle.
Danitchka Kozlzva po tesse tch que
Je veux parler d un cycle de po mes la traduction duquel j avais particip . Il s
agit Des Couleurs qui avait t publi chez nous I ann e pass e. Ici, on peut
penser que Rassoul rentre aux exp riments de son adolescence. Mail au fait,
chaque po me du cycle est un portrait fait par une seule peinture — qu elle soit
rouge, jaune, argent e ou violette. En m me temps c est un discours s rieux sur
les probl mes thnique, esth tique ou historique. Cette recherche est bas e sur
la philosophie. Comme I avait dit Picasso: Je ne cherche pas, je trouve .
Boris Sloutsky
po te russe
J coûte le discours de san Tocio sur la gamme de couleur d un peintre japonais
et je pense au cycle Des Couleurs du po te azerbaïdjanais Rassoul Rza.
Dans I interpr tation du po te chaque couleur a son sens et son indication; I un
nous rapp le notre chagrin, I autre le malheur I esp
rence.
Rassoul Rza dit que les couleurs passent par notre vie comme des vents chauds et
froids, ils animent les m moires et les sentiments; en m me temps, si on n y
voit pas de plus, chaque couleur n aura que son couleur.
Nicolay Federenko
acad micien
Cher ma tre, je Vous cris de V ietnam.
Cher camarade Rassoul Rza!
Les ann es 60 avait t publi votre cycle consacr aux couleurs. Les po mes m ont
plut et j ai d cid de les traduire. Malheureuseument c tait I poque de la guerre
et j avait perdu le manuscrit de la traduction. Apr s je n ai pas pu trouver I
originaire dans la biblioth que. J aime traduire les oeuvres po tiques et ce que
je veux maintenant, c est la traduction de vos po mes. Pouvez — \feus m informer,
par une lettre ou par un 11 gramme le num ro et la date du revue Nedelya , o
avait t publi ces po mes. Je ne V ous connais pas bien, mais il suffit de lire
un de vos po mes pour Vous aimer jamais. Avec mes respects sine res.
Bouy Mong Kouin
Hano
La po sie de Rassoul Rza est bien connue en dehors du pays des Soviets. Parmi
les traductions de ses po mes aux autres langues les traductions en anglais, en
fran ais et en tch que sont plus belles. Son cycle de po mes nomm Les couleurs
est un des meilleurs de la po sie sovi tique des ann es 60.
Youris Kronbergs po te su dois
Les Estoniens n ont pas encore bien comprit le coriph e de la Litoinie voisine,
Raynis. Mais en revanche nous conaissons d j le po te turc Daglardja et Les
couleurs de Rassoul Rza. Si on parle de vers libres, je ne peut que citer trois
noms: Nazim Hikmet, Daglardja, Rassoul Rza-tous les trois sont des cr ateurs des
vers libres. Et apr s leurs exemples quelques uns disent encore que
les langues turques ne conviennent pas pour le vers libre.
Lye Sippel
po tesse estonienne
La cr ation de Rassoul Rza se compose de comparaisons. Il parle de I amour et de
la haine, du bien et du mal, de la vie et de la mort, du bonheur et du malheur.
La po sie de Rassoul Rza est soumise la paix et au bonheur , I envie de voir I
humanit unie.
Bony Korey
philologue anglais
Un des m illeures oeuvres de ce po te azerbaïdjanais c est le cycle de po mes
Les Couleurs . Ce cycle exprime les id es profondes de caract re philosophique
du po te et son choix de forme de cr ation. Le pouls de la po sie de Rassoul Rza,
c est le pouls de la vie actuelle et les Couleurs de cette po sie, ce sont les
couleurs de notre vie.
Youriy Loukine critique litt raire russe